Chui ko !

La Charente limousine ça se  mérite. Une grosse étape tant par la distance et le dénivelé que par le dépaysement. Le beau temps tout le long pour m’offrir un joli coup de soleil de cycliste. Une coupe à travers champs. Un arrêt chez Éric, nuciculteur, et enfin la découverte du fabuleux Château de la Mercerie.

 

Coup de coeur

Les azulejos surdimensionnés du Château de la Mercerie. A l’image du château et de leurs anciens propriétaires, ces œuvres d’art populaire portugaises à l’honneur du sol au plafond sont dans la démesure

Coup dur

Quand j’ai voulu couper à travers champs pour aller plus vite. J’aurais du me douter que l’on est pas en Beauce car tous les champs ici ont une fin et celui-ci débouchait sur … une forêt de ronces !

Parce que sa Calagouille (bière à la noix) est unique, aller à la rencontre d’Éric vaut bien le détour. La culture des noix s’est transmise de père en fils. Aujourd’hui il soigne ses noix et ses clients en prenant un virage bio. Il est avide de faire découvrir sa bonne «franquette» (variété de noix) : celle-ci se retrouve aussi bien en sablé qu’en Vodka (oui oui, vous avez bien lu, en Vodka !). Éric est généreux et passionné lorsqu’il s’agit de parler de son métier. N’hésitez absolument pas à  vous arrêter à Vouzan pour le rencontrer

Eric Truflandier

Nuciculteur, Ferme Truflandier

Encore un faux départ. Je ressens pour la deuxième fois cette vilaine bosse dans ma poche. Jean-Marc, du Camping des Lacs m’a prévenu : « j’ai lu ton blog, si tu m’embarques la clef, tu me la ramènes à vélo » : la menace à eu son effet. J’en profite pour les remercier une dernière fois pour leur accueil si naturel et généreux.  Un magnifique camping que je leur souhaite de développer avec toute l énergie et la gentillesse dont ils font preuve.

Le soleil m’accompagne et ne me quittera pas. Je ressens les 150 km déjà parcourus qui se rappellent à mon bon souvenir à chaque coup de pédale. Le Tour de Charente est beau et bien balisé, ce qui me permet de me concentrer sur le paysage, étonnant par ses variantes : je me retrouve à Ecuras dans un bocage montagneux qui, sans forcer, me projette dans le Jura. Je grimpe et regrimpe pour apprécier cette vue. Quelques jolies maisons me font penser que leurs habitants ont certainement été séduits par l’environnement et l’isolement. Une famille a sorti la table dans les herbes hautes pour déjeuner  au soleil. Les enfants  sont nombreux à jouer dans  le jardin, la bâtisse est grande. Ça m’à tout l’air d’une maison familiale gorgée de beaux souvenirs que l’on veillera à transmettre.

Mes mollets s’arrêtent net à Montbron « Chez Maurice ». Cette petite brasserie avec terrasse au soleil est parfaite pour une pause revigorante. Je repars vers Vouzan quand soudain je m’aperçois que le litre de sueur que je viens de perdre dans la côte est vain. Je me suis trompé de route. SOS GPS,  j’évalue la distance qui me sépare de Éric Truflandier, le nuciculteur que je vais rencontrer, puis, en bon mathématicien, je trace une belle droite à travers champs. Trop beau pour être vrai, trop têtu pour rebrousser chemin, j’en ressortirai écorché avec quelques épines de ronces en souvenir sur  mes sacoches.

Je fais un détour à Grassac pour aller voir une église insolite dans ce paysage de Charente : un Monastère Orthodoxe (photo) avec ses bulbes scintillant au soleil : étonnant !

Il faut également aller voir le Roc de Sers et découvrir les reproductions, au pied de la grotte solutréenne, de la frise pariétale de 10 m de long avec des gravures de chevaux et de mouflons laissées là par les premiers hommes ! Au coeur de la forêt, le site est très bien aménagé avec à l’entrée la cabane des fouilles restaurée.

Arrivé au Château de la Mercerie, je découvre grâce à l’association qui compte 100 passionnés bénévoles l’ampleur du patrimoine. Quel plaisir d’accéder librement à ces œuvres d’art. Je me sens privilégié lorsque l’on écarte le drap du dernier tableau rénové. Le Château de la Mercerie est vivant et cela grâce à l’association de rénovation du château et au maire de Magnac-Lavalette-Villars qui œuvrent pour préserver et partager le précieux héritage qu’ont laissé les ambitieux frères Rethoré.

Je reprends mon vélo et atterris enfin chez Julien au Camping des Petites Martinies qui m’accueille dans son écrin de verdure avec de bonnes crêpes toutes chaudes !

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